Faux

Mal rapporté

Second mort, fiché S, assaillant belge: les rumeurs autour de l’attentat des Champs-Elysées

De nombreuses informations erronées ont circulé sur les réseaux sociaux et dans les médias après l’attentat des Champs-Elysées le 20 avril au soir. Voici les principales :

  • Youssouf El Osri n’est pas arrivé en Thalys depuis la Belgique

Des médias belges et des sites de la patriosphère ont affirmé que Youssouf El Osri était impliqué dans l’attaque et recherché par la police. Mais ce Belge de 35 ans n’est pas l’auteur de l’attentat. La police belge l’avait seulement signalé aux autorités françaises car un billet de train Anvers-Paris daté du 20 avril avait été retrouvé chez lui dans le cadre d’une autre affaire. L’homme s’est présenté le 21 avril dans un commissariat de sa ville, Anvers, et, selon son avocat, cité par le journal Het Nieuwsblad, il travaillait dans une station-service le soir de l’attentat. La confusion vient peut-être du communiqué de revendication envoyé par l’organisation Etat islamique, via son agence de presse, Amaq, dans lequel elle attribue l’attaque à un certain Abu Yussef le Belge. Or, selon des sources proches de l’enquête, l’assaillant est un Français de 39 ans, Karim Cheurfi.

  • Pas de deuxième policier tué

L’agence de presse Reuters, citant une source policière, mais aussi le syndicat SCP Police ainsi que le candidat Jean Lassalle sur France 2, ont fait état de la mort d’un second policier lors de l’attaque. En réalité, le bilan exact est d’un policier mort et deux autres blessés, selon le ministère de l’Intérieur.

  • L’auteur de l’attaque n’était pas fiché S

Contrairement à ce qu’ont affirmé plusieurs médias, Karim Cheurfi ne faisait pas l’objet d’une fiche S (sûreté de l’Etat, outil de police servant notamment à repérer un individu lorsqu’il tente de passer les frontières). Il était en revanche inscrit au fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) depuis janvier 2017. Selon Le Monde, il avait attiré l’attention des services de renseignement en décembre 2016. Il avait été placé en garde à vue le 23 février 2017, soupçonné de vouloir tuer des policiers, mais relâché le lendemain faute d’éléments, affirme l’AFP citant des sources proches de l’enquête. Le dossier a été repris par le pôle antiterroriste du parquet de Paris en mars.

  • Pas d’autres violences dans Paris

Sur France 2, le candidat de la droite François Fillon a déclaré: “On nous laisse entendre qu’il y a d’autres violences ailleurs dans Paris“. Reuters a certes signalé des coups de feu près des Champs-Elysées, mais cette information a été démentie par le porte-parole du ministère de l’Intérieur. L’équipe de François Fillon a expliqué à l’AFP que le candidat faisait référence à l’agression d’un militaire de l’opération Sentinelle, à la station de métro Etienne Marcel (1er arrondissement). Il s’agissait d’un “SDF en état d’ébriété avancé“, selon le porte-parole du gouverneur militaire de Paris, le colonel Benoît Brulon, qui parle d’un “non-évènement“.

Prudence

Confusions autour de révélations sur les voyages de Mélenchon

Le site Atlantico a publié le 20 avril un article intitulé “Après la péniche, le jet insoumis de Mélenchon: petit voyage entre amis (de luxe)“, fustigé sur les réseaux sociaux en raison de sa reprise sans distance de passages d’un article du site parodique Le Gorafi. Atlantico s’est défendu dans un communiqué où il assure n’avoir “jamais délibérément souhaité prendre le Gorafi comme source sérieuse ni ne l’a présenté comme telle”.

 

 

Atlantico, souvent présenté comme un “Mediapart de droite“, mais qui revendique un traitementgaranti 0% grille idéologique préétablie“, assure que le candidat de la France insoumise “ne voyage plus qu’en classe Affaire”, “car il a des problèmes de dos”. Le site s’étonne de ce “décalage, dans ce comportement, entre ce que souhaite le candidat Mélenchon pour “les gens” et ce qu’il se réserve pour lui-même”.

Le passage épinglé sur les réseaux sociaux fait référence à un article de 2013 du Gorafi intitulé “Jean-Luc Mélenchon se justifie après l’achat d’un jet privé par le Parti de gauche“, sans indiquer qu’il s’agit d’une parodie. Des internautes s’étonnent aussi que le nom de l’auteur de l’article, Xavier Prague, n’apparaisse dans aucun autre article sur le site.

 

 

Jean-Sébastien Ferjou, fondateur d’Atlantico, a assuré à lci.fr, partenaire de CrossCheck, qu’il s’agissait du “pseudonyme d’un journaliste d’investigation“. Dans son communiqué, il plaide la “maladresse de style” et “la publication malencontreuse d’une version non finalisée”. 

“Ce qui compte, c’est la fin de l’article, à propos du jet réel” conclut-il. Le 4 février 2017, Jean-Luc Mélenchon “s’est rendu à Bâle pour participer à la journée commémorative de l’abolition de l’esclavage à Champagney (Haute-Saône)”, assure Atlantico en publiant un plan de vol Paris-Bâle de la compagnie AstonJet sur laquelle figure le nom du candidat . L’ajout de ce plan de vol fait partie des nombreuses modifications subies par l’article le 20 avril. Contacté par BuzzFeed, partenaire de CrossCheck, AstonJet “ne confirme, ni n’infirme” l’information. Libération a pour sa part eu confirmation de l’atterrissage à l’aéroport de Bâle-Mulhouse le 4 février de l’avion mentionné.

Le Gorafi s’est moqué de cette histoire quelques heures plus tard. Atlantico a pour sa part dénoncé une campagne d’acharnement médiatique.

 

Faux

Fabriqué

Najat Vallaud Belkacem souhaite-t-elle supprimer la philosophie en filières L et ES ?

La page Facebook La gauche m’a tuer, qui se présente comme un média d’opinion de droite, a mis en ligne le lundi 17 avril un article, déjà posté en juin 2015, dans lequel elle affirme que la ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem, souhaite supprimer l’enseignement de la philosophie en filières L (littéraire) et ES (économique et social).

“Najat Vallaud Belkacem supprime la Philo en filières L et ES. Partagez massivement”, affirme la page Facebook La gauche m’a tuer, en citant un arrêté ministériel paru au journal officiel le 21 juin 2015. Une première version de cet arrêt portant sur les nouveaux horaires du lycée omettait en effet la philosophie et l’histoire-géo dans le programme des classes de terminale L et ES. Le ministère de l’Education avait aussitôt reconnu “une erreur” et publié une version rectifiée des horaires deux jours plus tard. La Gauche m’a tuer a en revanche republié tel quel, le 17 avril, son article de juin 2015 sans mentionner cette rectification.

                            

Initialement modifiés pour intégrer des cours d’enseignement moral et civique, les nouveaux horaires du lycée réservent huit heures hebdomadaires à l’enseignement de la philosophie en terminale L, et quatre en terminale ES.

Faux

Mal rapporté

Lors de la manifestation “anti-FN” à Paris, des manifestants ont ils scandé “Juifs, voleurs, assassins” ?

Une vidéo diffusée sur Facebook et Twitter le 16 avril entendait montrer des manifestants participant au rassemblement “anti Front-National” à Paris en train de scander “juifs, voleurs, assassins”. En réalité, les manifestants scandaient “Flics, violeurs, assassins”.

La publication a été relayée notamment par le député Rassemblement Bleu Marine – Front National du Gard, Gilbert Collard, mais aussi par plusieurs internautes comme l’éditorialiste Gilles-William Goldnadel ou encore Jordan Bardella, secrétaire départemental du FN en Seine-Saint-Denis et conseiller régional d’Ile-de-France. Ces derniers s’étonnaient notamment en disant que cette “[manifestation antiraciste] pue le racisme !”.

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Plusieurs internautes ont rapidement indiqué que les manifestants scandaient en fait “flics, violeurs, assassins” en référence à l’agression présumée de Théo Lusaka, grièvement blessé d’un coup de matraque télescopique, lors de son interpellation par la police le 2 février dernier à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Une photo montrant une banderole reprenant le slogan a aussi été diffusée.