François Fillon a-t-il été "blanchi" par la justice? - CrossCheck

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François Fillon a-t-il été “blanchi” par la justice?

Le 11 avril, le blog lescrutateur.com a affirmé que François Fillon avait été “blanchi” par la justice. Cette théorie, partagée près de 25.000 fois sur Facebook et relayée par email est fausse: l’ancien Premier ministre est toujours mis en examen dans l’enquête concernant de possibles emplois fictifs de sa femme et de ses enfants comme assistants parlementaires.

Le blog s’appuie en effet sur des arguments de droit datant d’avant la mise en examen de M. Fillon le 14 mars: notamment, une tribune de Jean-Paul Garraud publiée le 24 février. Dans celle-ci, le “président de l’association professionnelle des magistrats”, ex-député UMP et candidat du parti Les Républicains aux législatives de juin, relève que l’information judiciaire ouverte ce jour-là par le Parquet national financier (PNF) “est faite contre X“, ce qui signifie selon lui “qu’il n’y a pas les éléments en l’état du dossier pour mettre en examen François Fillon“.

L’information judiciaire contre X n’innocente pas en soi M. Fillon, mais permet aux juges d’étendre les poursuites si d’autres mis en cause sont découverts. Le 14 mars, François Fillon était nommément mis en examen, notamment pour “détournement de fonds publics“. Penelope Fillon et Marc Joulaud, ancien suppléant de M. Fillon à l’Assemblée, ont ensuite également été mis en examen.

Le blog compile aussi plusieurs arguments circulant sur internet pour défendre M. Fillon. Notamment celui-ci: “l’accusation d’emploi fictif n’a pas été retenue par le Parquet national financier, or c’est celle-là qui “plombait” le plus l’accusation contre Fillon”. La notion d’emploi fictif n’existe pas dans le code pénal, mais l’enquête vise bien à déterminer si le travail fourni par Penelope Fillon comme assistante parlementaire et à La Revue des deux mondes était réel. François Fillon reste poursuivi pour “détournement de fonds publics”, “complicité et recel de détournements de fonds publics” et “complicité et recel d’abus de bien sociaux”.